Interview : Pierrette Faure de Petite Pierre


Interview /

Pour cette deuxième interview, j’ai eu envie de vous présenter le travail de Pierrette Faure, que j’ai eu la chance de rencontrer lors de mon dernier voyage en Nouvelle-Calédonie. Son entreprise, Petite Pierre, a été sélectionnée pour représenter le Pacifique au Salon International de la Joaillerie à Sydney, et je trouvais intéressant qu’elle nous partage son expérience à ce sujet.

 

Bonjour Pierrette, parlez-nous de vous et de votre parcours. Qu’est-ce qui vous a amené à vouloir créer des bijoux ? Et où avez-vous appris la bijouterie ?

Bonjour, depuis petite, j’ai toujours aimé créer des bijoux, bracelets brésiliens, colliers tressés… Puis lorsque j’ai commencé mes études, je me suis orientée vers un autre parcours, celui de la comptabilité. C’est en voyageant en Australie où tout a commencé avec les bijoux en argent. Le soutien de mon conjoint et les rencontres que j’ai faite, m’ont permis de me lancer dans la création de bijoux en matériaux précieux et d’aller à la rencontre de ce que je désirais vraiment !

 

Quelles sont vos principales sources d’inspiration lorsque vous créez de nouveaux designs ?

Mon inspiration provient principalement de la nature. Mais aussi toutes les personnes que je rencontre ou que je croise, que ce soit, dans la rue, dans mon entourage, ou les clients sur les marchés.

 

Petite Pierre

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Vos bijoux sont, pour la grande majorité, imprimés de motifs organiques. Qu’est-ce qui vous a décidé à utiliser la technique d’impression au laminoir ?

Lorsque j’ai appris à travailler l’argent, j’adorais faire des textures, et le joaillier David Collins qui se situe à Bangalow en Australie, m’a partagé ce qu’il avait appris pendant son apprentissage. Il avait fait une empreinte avec une feuille. Ça ma tout de suite interpellée et j’ai voulu essayer ! Mon premier essai a été une réussite ! J’ai réalisé une bague en argent avec l’empreinte de la feuille dessus ! C’était juste magnifique ! J’aime énormément les plumes, donc je me suis mis à essayer cette empreinte-là, qui m’a beaucoup plut aussi. Puis en regardant autour de moi, je me suis aperçue que l’on pouvait trouver pleins de trésors.. Des libellules, des papillons, la fibre de coco…

 

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De quelle façon trouvez-vous vos clients ? Vendez-vous vos bijoux via l’intermédiaire de boutiques ?

Je vends mes bijoux lors de ventes éphémères en Nouvelle-Calédonie : foires, salon de la fête des mères, salon de Noël, journées éphémères..

Je ne suis pas à un endroit fixe sur le marché par exemple.Je vends mes bijoux lors de ventes éphémères en Nouvelle-Calédonie : La plupart sont en dépôt.

Ici, en Nouvelle-Calédonie, le bouche-à-oreille marche bien . J’ai aussi une page Facebook, mon site Internet vient d’être créé et je commence à faire ma page Instagram.

 

En Nouvelle-Calédonie, il n’y a pas de fournisseurs pour les bijoutiers et joailliers. Comment faites-vous pour vous approvisionner en matière première et en outillage ?

Effectivement, ça, c’est assez contraignant, car cela coûte très cher !

Je commande chez RioGrande, et Cookson. Ce sont mes 2 gros fournisseurs. Le point négatif, c’est que le fret est cher et que, à l’arrivée en NC , la taxe douanière est assez importante. Donc tout cela se répercute sur le prix de vente. Ce qui ne serait pas le même si j’habitais en France par exemple ou autre part que sur une île.

 

Il semblerait que vous soyez très impliquée dans l’artisanat local de la NC. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre implication. 

Je crée des produits artisanaux et je pense que c’est important de répandre les valeurs de l’artisanat. D’arrêter d’acheter des produits qui n’ont pas d’éthiques… Depuis peu, j’ai adhéré à la marque ARDICI qui est une marque collective, qui porte les valeurs et l’image de l’artisanat de Nouvelle-Calédonie. Fière de faire parti de ce collectif, il y a de plus en plus de personnes qui portent intérêt à l’artisanat.

 

petite pierre

 

Quels sont les prix que vous avez gagnés depuis le début de votre carrière ?

J’ai eu l’occasion de remporter le prix du plus beau stand artisanat lors du marché de Farino spécial artisanat et à la foire de Bourail en 2018.

 

stand petite pierre

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Vous avez été sélectionnée pour représenter le Pacifique au Salon International de la Joaillerie à Sydney, qui a eu lieu du 25 au 27 août 2018. Comment s’est déroulée cette sélection ?

J’ai été informé par la chambre des métiers et de l’artisanat qu’il y avait la possibilité de faire le salon de la bijouterie/joaillerie à Sydney. C’est l’organisme Pacifique Trade Invest (PTI) qui était à l’origine du mail, car cet organisme offrait pour la deuxième année, quatre stands pour que le pacifique soit représenté. J’ai alors rempli le formulaire qui nous demandait quelques informations sur notre compagnie et 3 photos avec texte descriptif de nos produits. PTI a alors sélectionné 4 compagnies qui rentraient dans le « standing » du salon.

 

Racontez-nous votre expérience là-bas. Est-ce que les ventes ont été à la hauteur de vos espérances ? Pensez-vous que les visiteurs qui ont acheté vos bijoux, ou qui étaient intéressés par votre travail vous passeront des commandes dans le futur ?

L ‘expérience a été plus qu’incroyable ! C’était la première fois que je participais à un salon international. Un peu impressionnée faut le dire. J’ai pu me sentir un peu petite face à de grands groupes et des compagnies implantées depuis plusieurs dizaines d’années…

Mes bijoux ont interpellés certaines personnes. Pour être honnête, je pensais qu’ils interpelleraient un peu plus, car sur 170 stands, j’étais la seule à faire ce type de produits. Pour un premier salon professionnel, je trouve que c’est très bien ! J’ai eu une personne très intéressée. Elle m’a passé une commande.

J’espère avoir quelques retombées plus tard avec les catalogues et les cartes de visite que j’ai distribués et avec les contacts que j’ai faits.

En tout cas, même si je n’ai pas forcément eu autant de commandes que je l’aurais souhaité, le simple fait de pouvoir aller à l’étranger de d’exposer sa marque est très enrichissante et m’a fait avancer professionnellement, en découvrant d’autres sortes de bijoux et de techniques, cela m’a donné envie de faire des formations spécialisées.

 

salon international de la joaillerie à sydney

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Avez-vous eu l’occasion et surtout le temps d’y rencontrer d’autres bijoutiers et joailliers ?

Oui, j’ai fait le tour du salon , et j’y ai rencontré de très belles personnes avec qui j’ai pu échanger sur des techniques, des expériences … J’ai aussi revu le premier joaillier qui m’a appris à sertir les diamants ( David Collins). Il y était en tant que visiteur. Cela m’a fait plaisir de pouvoir aussi lui montrer comment ont évolué mes bijoux et la technique qu’il m’avait apprise.

 

Pensez-vous retenter l’expérience des expositions internationales, que ce soit en Australie ou dans d’autres pays ?

Oh que oui ! Je trouve que les expositions internationales sont très enrichissantes. Cela permet de voir aussi ce qui se fait au-delà de notre pays et de faire connaître sa marque à l’international.

 

Comment envisagez-vous l’avenir pour Petite Pierre ?

Je voudrais que la marque Petite Pierre se répande un peu partout dans le monde, que mes bijoux soient dans plusieurs bijouteries internationales.

Je souhaite continuer à allier voyage et apprentissage pour de nouvelles techniques.

Et je souhaite vraiment garder mes valeurs, et continuer à rendre authentique et unique chacun de mes bijoux. Qu’ils continuent d’avoir une âme.

 

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