Quelle est la différence entre le brasage et le soudage ?


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En bijouterie, il existe deux manières d’assembler les métaux à chaud : le soudage et le brasage. Même si ces techniques nécessitent toutes les deux l’utilisation d’un chalumeau, elles présentent certaines nuances dans leur procédé.

Cependant, on a souvent tendance à utiliser le terme de « soudure » pour les désigner. C’est un raccourci pratique utilisé par beaucoup de bijoutiers, y compris moi. Toutefois, je pense qu’il est important de connaître les vrais termes. C’est pourquoi j’ai préparé cet article, qui explique les différences entre le soudage et le brasage.

Le soudage en bijouterie

Le soudage consiste à assembler deux pièces de métal, sans ajout de métal d’apport (brasure). Celles-ci sont donc jointes entre elles par fusion.

Principe de la fusion

Lorsque le métal est chauffé à des températures proches de son point de fusion, il y a une courte période durant laquelle, la couche extérieure commence à fondre tandis que l’intérieur reste solide. À ce moment-là, les particules de métal se trouvant à l’extérieur se lient entres elles, permettant aux deux morceaux de se joindre parfaitement.

Cependant, si le métal est exposé plus longtemps à la chaleur de la flamme, l’intérieur atteindra aussi son point de fusion, faisant fondre totalement le bijou. Il est donc essentiel de rester vigilant, et de retirer la flamme dès que la couche extérieure commence à se liquéfier. On le voit facilement, car à ce moment-là, le métal se met à rougir. Puis sa surface devient fluide et brillante comme si elle était polie. Dès que la flamme est retirée, le métal refroidit fusionnant ainsi les deux parties ensemble.

Le choc thermique produit entre le moment où la flamme chauffe le métal, et le moment où elle est retirée, laissant place à l’air ambiant beaucoup plus froid, provoque un effet de plissement du métal. Sa surface devient fripée, comme dans le cas de la réticulation.

Les métaux pouvant être soudés

Cette technique ne peut être utilisée que pour assembler des métaux de même nature. Par ailleurs, j’ai lu lors de mes recherches pour cet article, que ceux-ci doivent être purs. Vous pouvez donc l’appliquer avec le l’or 24K, de l’argent 999, ou tout autre alliage résistant au ternissement, tel que l’Argentium.

Je n’ai malheureusement pas réussi à trouver de réponse satisfaisante expliquant pourquoi le soudage n’est pas recommandé sur l’argent 925. La seule raison qui est évoquée est que celui-ci s’oxyde lorsqu’il est chauffé, empêchant ainsi la fusion de se faire correctement. En revanche, il suffirait d’ajouter du flux (borax) pour contrer cette oxydation. J’ai d’ailleurs déjà fusionné des pièces en argent 925 en appliquant du borax sur les morceaux à joindre. Le résultat était bon, et je n’ai pas noté de problème particulier, mis à part le fait que la fusion est assez difficile à contrôler sur de l’argent. En effet, que celui-ci soit pur ou non, le fait que la chaleur se diffuse dans toute la pièce augmente le risque de la faire fondre.

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C’est pourquoi il vaut mieux utiliser cette technique sur de l’or ou du platine. Effectivement, dans ces deux métaux, la chaleur ne se propage pas partout. Elle reste concentrée à l’endroit où se trouve la flamme, ce qui offre plus de contrôle.

Procédure pour le soudage

Voici la procédure à suivre pour le soudage :

déposez les morceaux sur un bloc de soudure en enduisant les parties à joindre avec du flux (pas nécessaire si les métaux sont purs). Commencez à chauffer le métal en utilisant une flamme réductrice. Pour obtenir une telle flamme, vous devez augmenter l’apport en oxygène. Chauffez l’ensemble du bijou s’il s’agit d’argent, en promenant votre flamme sur toute sa surface. Dans le cas de l’or, ne chauffez que l’endroit que vous voulez fusionner. Retirez la flamme très rapidement, aussitôt que le métal se liquéfie.

Si vous souhaitez souder de l’or ou de l’argent, vous pouvez utiliser sans problème un chalumeau au propane (propane + oxygène). En revanche, si vous voulez assembler entre eux des morceaux de cuivre ou de laiton, il faudra se tourner vers un chalumeau oxyacétylénique (acétylène + oxygène), puisque la fusion de ces métaux nécessite une plus grande chaleur.

Le brasage en bijouterie

Le brasage quant à lui, peut se faire sur n’importe quel type de métal. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que les deux morceaux soient constitués du même métal. Ainsi, on peut assembler sans problème de l’argent et de l’or, ou de l’argent et du laiton. L’important est de faire attention aux températures de fusion respectives de chacun des métaux.

Métal d’apport

Contrairement au soudage, il est nécessaire d’utiliser ce qu’on appel un métal d’apport. Ce métal d’apport est appelé brasure. Dans le cas de la brasure d’argent, c’est un alliage à base d’argent qui fond à plus basse température que le métal d’origine.

Il existe trois types de brasures : la forte, la moyenne et la faible. La forte est celle qui se rapproche le plus des caractéristiques du métal d’origine. C’est également elle qui fondra à plus haute température.

On utilise ces trois types de brasures lorsqu’il y a plusieurs brasages à faire sur un même bijou. On se servira ainsi de la forte pour les premiers assemblages, puis de la moyenne et enfin de la faible.

Cependant, la brasure faible est beaucoup moins résistante que les deux autres. C’est pourquoi beaucoup de bijoutiers et joailliers ne la recommandent pas. De plus, elle se répand moins bien, ce qui rend son utilisation beaucoup plus difficile à mon avis. Enfin, étant donné que c’est celle dont les caractéristiques sont les plus éloignées du métal d’origine, elle a tendance à oxyder plus rapidement, laissant ainsi apparaître des lignes plus sombres sur le bijou.

Principe de capillarité

Comme tous les matériaux existant dans l’univers, le métal est composé de molécules liées entre elles par des électrons. Lorsque le métal est solide, celles-ci sont fixes, tandis que quand il est liquide, les molécules sont en mouvement.

La brasure, comme je l’ai expliqué plus haut, fondra à une température plus basse que le métal de base. Ainsi, lorsqu’elle atteindra son point de fusion, ses particules s’infiltreront par capillarité entre les molécules du métal de base qui elles, seront encore fixes.

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brasure capilarité

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Procédure pour le brasage

Voici la procédure à suivre pour le brasage :

appliquez du borax à l’endroit où vous voulez que la brasure s’infiltre. Déposez votre pièce sur un bloc de soudure et chauffez-la avec une flamme réductrice. Une fois réchauffée, déposez un petit morceau de brasure au niveau du joint qui doit être brasé. Puis chauffez à nouveau le métal, en faisant attention à ne pas appliquer la flamme directement sur la brasure. En effet, cela risquerait de la faire bouillir et de l’oxyder, ce qui l’empêcherait de fondre et de s’infiltrer dans le joint.

Je vous ai dessiné un petit schéma pour vous illustrer cela. Dans ce cas, il s’agit du joint qui permettra d’unir les deux extrémités d’un jonc (bague). Le paillon de brasure est placé sur le dessus (flèche bleue) et la flamme est appliquée en dessous. De cette manière, le métal chauffé par la flamme, transmettra sa chaleur à la brasure qui fondra lorsqu’elle atteindra son point de fusion. Celle-ci sera ensuite attirée par conduction thermique dans le joint. Autrement dit, elle sera attirée par la chaleur et s’infiltrera dans le joint par capillarité.

 

brasage d'une bague

Les deux choses les plus importantes que vous devez retenir de la brasure sont qu’elle aime la propreté et la chaleur. Ainsi, si votre brasage ne fonctionne pas c’est soit parce que vous ne chauffez pas assez votre pièce, soit parce que celle-ci est sale ou oxydée. Dans ce cas, il vous suffit de rajouter du flux.

La trempe après le brasage

Concernant ce point, il existe deux écoles de pensées. D’un côté, il y a ceux qui trempent leur bijou dans l’eau froide tout de suite après le brasage. De l’autre, il y a ceux qui préfèrent le laisser refroidir à l’air ambiant, avant de le plonger dans le dérocher.

Personnellement, je suis plutôt de l’avis du second cas de figure. En effet, la trempe provoque un choc thermique qui a tendance à stresser le métal. Ce stress est dû au retrait rapide du métal pendant le refroidissement. Cela a pour effet de le rendre plus cassant. Ainsi, votre brasure serait plus sensible aux contraintes mécaniques une fois trempée.

 

Le brasage et le soudage en vidéo

 


Voilà, j’espère que cet article vous aura aidé à y voir plus clair en ce qui concerne les différences entre le brasage et le soudage. Si c’est le cas, n’hésitez pas à le partager à vos amis bijoutiers qui débutent dans le domaine 😉

 

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