Choisir sa brasure : ce qu’il faut savoir


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Vous souhaitez apprendre la bijouterie ? La connaissance des techniques de base est essentielle pour bien démarrer. Parmi elle, on retrouve le brasage, plus communément appelé “soudure“. En bijouterie et en joaillerie, celui-ci se fait à l’aide d’un chalumeau. C’est l’une des techniques les plus difficiles à maîtriser, car il faut comprendre comment la brasure réagit en fonction de la chaleur et du métal. C’est pourquoi, c’est une question qui doit être abordée en profondeur, afin de permettre aux débutants de mieux comprendre les notions qui s’y rapportent, et d’accélérer leur apprentissage.

Au départ, je voulais écrire un article complet sur le brasage, mais je me suis rendue compte que rien qu’en abordant le choix de la brasure, il y avait déjà pas mal de matière. J’ai donc décidé de réaliser une série d’articles pour aborder cette technique point par point. Ce qui sera un peu plus digeste pour vous, que de recevoir un million d’informations d’un coup (non, j’exagère à peine !).

Quelques définitions

Brasage

Le brasage est un assemblage à chaud de deux éléments en métal. Ces éléments métalliques peuvent être de même nature, ou de nature différente. Ainsi, il est possible de braser ensemble du cuivre et du laiton, du laiton et de l’argent, ou encore de l’argent et de l’or.

La plupart des bijoutiers utilisent le terme « soudure » pour parler du brasage. Cependant, il s’agit de deux techniques différentes que je vous invite à découvrir dans cet article 😉.

Brasure

Pour assembler deux éléments par brasage, il faut utiliser un métal d’apport qui fond à une plus basse température que les métaux que l’on souhaite assembler entre eux. Ce métal d’apport est appelé brasure.

Choisir sa brasure

1- En fonction de la nature du métal

Propriété et couleur

Brasage de l’argent

Le choix de la brasure que l’on utilisera dépendra directement du type de métal que l’on souhaite braser. Par exemple, si l’on souhaite braser deux éléments en argent 999 ou 925, on utilisera de la brasure d’argent, car c’est la brasure qui se rapproche le plus des propriétés de ce métal, ainsi que de sa couleur. En effet, braser deux éléments en argent avec de la brasure d’or n’aurait aucun sens, car on verrait alors apparaître une ligne jaune à l’endroit où ils auraient été assemblés. Dans le même ordre d’idées, on assemblera deux éléments en or rose avec de la brasure d’or rose.

Le cas du laiton

Le laiton, en revanche, est un cas particulier. Jusque récemment, on ne trouvait pas de brasure spécifique à ce métal. Les bijoutiers le brasaient donc à l’argent (et beaucoup le font encore). Le laiton n’étant pas de la même couleur que l’argent, on se retrouve ainsi confronté au même problème de coloration que j’évoquais plus tôt. La solution consiste donc à faire plaquer ou dorer ses bijoux, pour que cela ne se voit pas. Cependant, depuis peu, on commence à trouver de la brasure de laiton chez certains fournisseurs. J’en ai d’ailleurs commandé afin de réaliser des tests qui feront l’objet d’un prochain article 😉

Braser deux métaux différents

Brasage argent 925 et or 750

Pour ce qui est du brasage de deux métaux de nature différente, il faut prendre en compte le point de fusion de chacun d’eux pour choisir sa brasure. L’or 750, par exemple, a un point de fusion plus élevé que l’argent. Il vaudra donc mieux utiliser une brasure d’argent pour ne pas risquer de faire fondre l’élément en argent que l’on veut braser. De plus, la brasure d’or étant plus chère que celle d’argent, vous réaliserez ainsi des économies 😉

2- En fonction du point de fusion

Il existe différentes brasures d’argent ou d’or qui fondent à des températures différentes. Elles sont classées en trois catégories : forte (hard), moyenne (medium) et faible (easy). Toutefois, certains fournisseurs les classent par chiffres allant de 2 à 10, ce qui correspond à :

  • 2 = Très faible
  • 4 = Faible
  • 6 = Moyenne
  • 8 = Forte
  • 10 = Très forte

C’est la composition de la brasure qui détermine son point de fusion. En effet, dans le cas de l’argent par exemple, la brasure est généralement composée d’un alliage d’argent, de cuivre et de zinc. En y ajoutant d’autres composants comme l’étain, le cadmium, le phosphore ou le silicium, on est en mesure d’abaisser encore plus ce point de fusion.

Je vous conseille toutefois de faire attention aux compositions des brasures que vous utilisez. En effet, le cadmium étant toxique, sa présence dans les bijoux est maintenant très réglementée dans la plupart des pays.

Le fait d’utiliser des brasures ayant des points de fusion différents est très pratique lorsque l’on souhaite faire des brasures multiples rapprochées. Autrement dit, lorsque l’on assemble plusieurs éléments entre eux pour créer un bijou. Par exemple, une bague avec un chaton*. On fera alors les premières brasures à la forte, puis les suivantes à l’aide de brasures de plus en plus faibles.

chaton solitaire
Bague avec chaton

*Chaton ou tête de bague : partie supérieure et centrale de la bague qui maintient la pierre.

La brasure faible est plus souvent utilisée en réparation. Personnellement, je ne l’utilise jamais (pas même en réparation), car je la trouve trop fragile, et parce qu’elle a tendance à mal couler. De plus, étant donné que sa composition est celle qui diffère le plus de l’argent 925, sa couleur n’est pas exactement la même que celle de ce métal. Sans compter qu’elle s’oxyde plus rapidement.

3- En fonction du titre

Ceci est surtout valable pour l’or, dont on retrouve différents alliages : 750 (18K), 585 (14K), 417 (10K), ou encore 375 (9K). Pour rappel, le titre de l’or indique la quantité d’or présente dans l’alliage. En effet, l’or pur étant trop mou pour être utilisé comme tel en bijouterie, on l’allie à d’autres métaux pour changer ses propriétés et le rendre ainsi qui résistant aux contraintes, mais aussi parfois, pour changer sa couleur. Ainsi, l’or 750 contient 75% d’or pur.

Si vous souhaitez faire une brasure sur de l’or, il faudra donc utiliser une brasure d’or du même titre.

4- En fonction de son conditionnement

La brasure est vendue sous plusieurs formes : en plaque, en fil, en pâte, voir même en poudre.

Je n’ai jamais essayé la pâte, mais les commentaires à son sujet semblent mitigés. Certaines personnes semblent l’apprécier, alors que d’autres non. Peut-être est-ce une question d’habitude. Quoiqu’il en soit, je vous partage le commentaire que m’a laissé Caroline de Tulipes en Janvier à ce sujet :

” J’emploie très volontiers de la brasure en pâte, avec la plupart du temps de très bons résultats. Généralement, je l’emploie quand je n’ai pas réussi avec des paillons… Ou pour souder directement les clous d’oreille (la tige, sans replat) sur une boucle: je la trempe dans la pâte et hop, je brase!
Ma préférence va au paillons de “hard”, mais je suis bien contente d’avoir aussi la pâte à disposition, et je l’emploie avec des températures de fusion à 690°C et 650°C. “

Pour ma part, j’utilise principalement la brasure “medium” en plaque, que je découpe en paillons (voir la vidéo ci-dessous), et parfois la poudre, pour braser une tresse de fils d’argent par exemple.

Petite astuce pour obtenir de la poudre (on est bien d’accord, je parle de brasure 😂 ) : il suffit de limer sa brasure au-dessus d’une feuille de papier pour en recueillir la limaille. Plus le grain de la lime sera fin, plus la poudre sera fine 😉

Vous savez maintenant comment choisir votre brasure pour effectuer un brasage adéquat en fonction du projet que vous souhaitez réaliser. Dans la suite de cette série d’articles, nous parlerons entre autres du fondant et des étapes de réalisation du brasage 🙂

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6 réponses à « Choisir sa brasure : ce qu’il faut savoir »

  1. Bonjour Caroline!
    J’emploie très volontiers de la brasure en pâte, avec la plupart du temps de très bons résultats. Généralement, je l’emploie quand je n’ai pas réussi avec des paillons… Ou pour souder directement les clous d’oreille (la tige, sans replat) sur une boucle: je la trempe dans la pâte et hop, je brase!
    Ma préférence va au paillons de “hard”, mais je suis bien contente d’avoir aussi la pâte à disposition, et je l’emploie avec des températures de fusion à 690°C et 650°C.

    D’autre part, la température de fusion de la brasure augmente avec chaque brasure… donc il est possible de réaliser des pièces avec un seul type de brasure, sans que les premières ne s’ouvrent lorsque l’on réalise les suivantes.

    1. Coucou Caroline, merci pour ton retour sur la brasure en pâte 🙂 J’en ai profité pour insérer ton avis dans l’article, comme ça les lecteurs le verront plus facilement 😉

      D’autre part, la température de fusion de la brasure augmente avec chaque brasure… donc il est possible de réaliser des pièces avec un seul type de brasure, sans que les premières ne s’ouvrent lorsque l’on réalise les suivantes.

      Effectivement, j’ai tendance à n’utiliser que la brasure medium sans aucun problème particulier, même quand il y a plusieurs brasures rapprochées à faire 😉

  2. Merci pour ta générosité !
    L’article est clair, digeste, fluide.
    Un régal!

    1. Super, je suis contente que mes explications soient claires 🙂 Merci pour ton commentaire !

  3. Bonjour Caroline,
    Il ne faut pas oublie l’intervalle de fusion de la brasure – grand ou petit.
    C’est ce qui condition la manière d’utilisation de la brasure.
    Dans le cas d’une utilisation non adaptée il est possible d’avoir des défauts comme le joint noir et cassant.
    Félicitation pour votre travail sur le net.
    Nico

    1. Effectivement ! Merci pour cette précision Nicolas 🙂

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