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établi de bijoutier

Si vous avez commencé la bijouterie il y a déjà un moment, vous avez certainement accumulé pas mal d’outillage. Il se peut alors que vous envisagiez de vous aménager un petit atelier. En effet, avoir un établi dans sa chambre ou dans son salon n’est pas vraiment l’idéal. Que vous décidiez de réserver une pièce de votre logement à votre atelier créatif ou carrément de louer un local commercial, vous aimeriez certainement savoir quels sont les outils et machines importantes à acquérir pour avoir un atelier de bijoutier digne de ce nom. Je vous propose donc de découvrir les plus courants ;)

Établi et petits outils

 

établi de bijoutier

On commence par la base, avec l’établi. Effectivement, c’est le premier gros investissement que je vous conseille de faire si vous débutez en bijouterie. Et oui, s’il est possible de se débrouiller pendant un temps avec une simple cheville accrochée à une table à l’aide d’un serre-joint, cela ne reste qu’une solution temporaire. Vous verrez que vous aurez vite envie de vous créer votre espace de travail, dans lequel vous pourrez ranger tous vos petits outils.

Par petits outils, j’entends les limes, le bocfil, le triboulet, les fraises (non pas le fruit !), le maillet, le tas d’acier, etc. Mais également votre moteur suspendu, qui d’ailleurs est, lui aussi, l’une des premières choses dans lesquelles vous devriez investir.

Alors oui, cela fait beaucoup de dépenses. C’est pourquoi il faut être patient quand on se lance dans la bijouterie. En effet, à moins que vous ne gagniez au loto, vous ne pourrez vous équiper que progressivement.

Poste de soudure

 

soudure bijouterie

 

Une fois les premiers outils acquis, vous pourrez penser à vous équiper pour la soudure – le vrai terme étant plutôt « brasage ». Vous n’êtes pas obligé d’avoir un poste dédié à cela. J’ai moi-même longtemps eu mon chalumeau à même mon établi. Cependant, il faut avouer que c’est bien pratique d’avoir un endroit spécialement aménagé pour ça.

Une simple table recouverte de céramique ou d’aluminium (en plaque, pas les feuilles pour recouvrir vos plats 😉) vous permettra de réaliser vos brasures de manière sécuritaire. De plus, vous pourrez y placer votre dérocher et tous les petits outils dont vous avez besoin.

Pour connaître les outils indispensable au brasage, je vous recommande cet article. Et si vous ne savez pas ce qu’est un dérocher, voici une petite vidéo explicative que j’ai réalisée il y a quelque temps à ce sujet :

 

Poste de polissage

 

poste de polissage bijouterie

 

À mon avis, le touret à polir n’est pas la machine la plus urgente dans laquelle investir. En effet, il est tout à fait possible dans les premiers temps de polir vos pièces à l’aide de brossettes fixées à votre moteur suspendu. Cependant, si vous envisagez de créer des bijoux volumineux, vous devrez alors penser à vous équiper d’un touret à polir.

Deux choses importantes sont à prendre en compte avec cette machine. La première est qu’elle produit énormément de poussière (merci la pâte à polir !). Il vaut donc mieux éviter de la placer dans votre salon, si jamais vous pensiez aménager votre atelier chez vous. De plus, je vous recommande fortement d’y placer un système d’aspiration, sans quoi vous ressortirez tout noir de vos séances de polissage. Dans notre atelier, ma coloc’ a tout simplement branché un aspirateur super puissant de type Shop-vac.

La deuxième, c’est que le polissage peut être dangereux. Non, je ne plaisante pas ! Il arrive souvent que le bijou soit entraîné par les brosses. Ce qui arrive alors, c’est qu’il peut-être projeté n’importe où, et nous blesser gravement. Surtout, si on ne porte pas de lunettes de sécurité (chose que vous ne devriez jamais faire !). Il est donc important de placer une vitre de protection en plexiglas. Ainsi, il y aura peu de chance que le bijou nous saute à la figure.

Ah ! Dernière chose, mais non la moindre, si vous voulez bien voir pendant que vous polissez, n’oubliez pas d’installer une lampe 😉


Tonneau à polir

Le tonneau à polir est un contenant, dans lequel on retrouve des billes d’acier, qui tourne ou qui vibre (dépendamment des modèles) grâce à un moteur.

Comme je l’expliquais dans cet article sur le polissage, il est possible de faire briller certaines pièces à l’aide d’un tonneau à polir. En effet, cette machine est hyper pratique pour les chaînes, ainsi que pour tous les bijoux faits à partir de fils de métal. Par contre, je ne recommande pas de polir des bijoux conçus avec des plaques avec ça, sans quoi, les billes d’acier risquent d’y laisser des marques.


Machine à ultra-son


 

bain à ultrasons bijouterie

Si vous avez déjà poli un bijou avec de la pâte à polir, vous avez sûrement remarqué que celle-ci reste parfois collée. Et cela arrive principalement dans les endroits peu accessible, juste pour nous embêter. Si c’est un truc qui vous énerve, vous allez adorer l’ultra-son.

Cette machine est constituée d’une cuvette que l’on rempli d’un mélange d’eau et de savon à ultra-son, dans laquelle on place ses pièces. L’ultra-son a deux niveaux d’activation. Le premier, sert à chauffer l’eau, afin de ramollir la pâte qui se trouve collée sur les bijoux. Le deuxième, produit des ultra-son (d’où le nom), qui sont en fait des vibrations. Et ce sont ces vibrations qui vont déloger la pâte.

Bon, par contre, je ne vous cache pas que cette jolie petite machine peut coûter assez cher. C’est pourquoi dans les premiers temps, je vous recommande plutôt de faire tremper vos bijoux dans de l’eau très chaude avec du liquide vaisselle et de les frotter ensuite avec une brosse à dents à poils doux. Sinon, il y a toujours l’astuce des huiles essentielles que j’ai déjà expliquée dans cet article.


Coin oxydation

Pour les personnes qui souhaitent patiner leur métal, un coin oxydation est un indispensable. En effet, en séparant votre oxydant des autres produits et machines, vous éviterez de les « contaminer ». Et oui, verser de l’oxydant sur ses outils ou dans son utltra-son n’est pas la meilleure chose à faire. De plus, il faut savoir que cela ne sent pas très bon, donc si vous avez un coin dédié à l’oxydation dans votre atelier, de préférence placé sous une hotte de ventilation et avec un rideau autour, vous vous éviterez bien des désagréments 😉

Si vous ne savez pas comment oxyder vos bijoux, ni même ce que veut dire patiner, pas de panique, j’explique tout cela ici !


Ventilation

Le système de ventilation ne doit pas être négligé. En effet, en bijouterie, on utilise des produits potentiellement toxiques. Par exemple, le flux de brasage qui en s’évaporant avec la flamme du chalumeau provoque des émanations. Cette ventilation est donc à privilégier au-dessus du poste de soudure, mais aussi près du poste d’oxydation comme je l’expliquais précédemment.


Table de forge


 

table de forge bijouterie

Si vous pensez forger régulièrement, ou tout du moins faire du martelage sur vos bijoux, il serait peut-être intéressant pour vous d’avoir une table dans votre atelier, réservée à cette activité. Et par là, j’entends une table assez solide pour supporter des coups de marteau. Bien entendu, si votre établi est suffisamment robuste pour ça, vous pouvez très bien le faire dessus. Attention toutefois à ne pas vous placer sur votre cheville pour marteler ! C’est une erreur que beaucoup de débutants font 😉


Laminoir

Utilité du laminoir

laminoir bijoutier

 

Lorsque l’on souhaite pousser un peu plus sa pratique de la bijouterie, avoir un laminoir dans son atelier devient indispensable. En effet, il permet dans un premier temps de laminer son métal, c’est-à-dire, de réduire l’épaisseur des plaques. Ce qui, on ne se le cachera pas, est très pratique lorsqu’on a besoin d’une plaque de 1 mm, et qu’on a à sa disposition que de la plaque de 1,5 mm.

De plus, si vous prévoyez faire vous-même vos lingots, vous aurez forcément besoin de ce fameux laminoir pour les transformer.

Enfin, celui-ci peut aussi vous permettre de texturer votre métal, grâce à la technique de l’impression au laminoir que j’explique juste ici.


Choisir son laminoir

Pour choisir votre laminoir, vous devez vérifier deux choses. La première, est l’écartement entre les deux rouleaux. En effet, si vous avez besoin de laminer vos lingots, il vaut mieux avoir un laminoir dont les rouleaux s’écartent d’au moins 5 mm. La deuxième est la longueur des rouleaux. Celle-ci est importante, car elle détermine la largeur des plaques de métal que vous pourrez laminer. C’est donc à vous de décider de quelle largeur vous aurez besoin en fonction des bijoux que vous allez créer. Toutefois, comme on ne sait jamais comment notre travail peut évoluer, je vous conseille de choisir un laminoir dont les rouleaux sont les plus longs possibles.

Pour finir, sachez que c’est également avec le laminoir que l’on amorce la fabrication d’un fil à partir d’un lingot. C’est pourquoi vous trouverez à la vente, des laminoirs avec une partie des rouleaux « plate », et l’autre avec des rainures. Encore une fois, c’est à vous de réfléchir à ce que vous envisagez de faire avec.


Poste de fonte

J’évoquais au point précédent le fait de fabriquer soi-même ses lingots. L’avantage de faire cela, est que l’on peut plus facilement recycler son métal. Je parle ici d’argent ou d’or. En effet, à force de fabriquer des bijoux, vous allez vous retrouver avec pas mal de retailles dont vous ne saurez pas quoi faire la plupart du temps. En ayant un poste de fonte, vous pourrez donc refondre ce métal en un lingot, que vous pourrez ensuite transformer en plaque ou en fil.

Ce poste de fonte peut tout simplement être placé au même endroit que le poste de soudure. Cependant, vous aurez besoin d’un chalumeau dédié à cela. En effet, la plupart des chalumeaux pour le brasage des bijoux sont bien trop petits pour pouvoir faire fondre une grosse quantité de métal (le mien tout du moins 😉). Il vous faudra donc une torche plus grosse et plus puissante. De plus, il vous faudra également investir dans une lingotière – un moule en acier dans lequel on coule le métal en fusion – ainsi que dans un creuset. Ce dernier est un récipient en céramique dans lequel on amène le métal en fusion.


Coin pour tirer du fil

Imaginez-vous dans votre atelier. Vous devez réaliser des crochets de boucles d’oreilles, mais il ne vous reste que du fil de 1,5 mm, alors que vous avez besoin de fil de 0,8 mm. Si vous n’avez pas un espace et l’équipement nécessaire au tréfilage, vous serez contraint de vous en commander. Et par le fait, de devoir attendre que celui-ci vous soit livré pour pouvoir terminer votre bijou. Pas très pratique n’est-ce pas ?

Pouvoir tréfiler son fil est, à mon avis, essentiel. Cependant, il n’est pas nécessaire d’acheter un banc à étirer à 900 euros pour ça. Une simple filière maintenue dans un étau fera parfaitement l’affaire. D’ailleurs, je vous montre tout cela dans cette vidéo :


Vous connaissez donc maintenant l’outillage essentiel pour aménager un atelier de bijouterie. Comme je l’expliquais au début, c’est un métier qui demande beaucoup d’investissement, et ce, dès le départ. Cependant, il est possible de réduire ses coûts, notamment en partageant un local avec quelqu’un d’autre. Ainsi, chaque personne pourra participer à l’achat des outils.

Je suis curieuse 😊 Avez-vous déjà un atelier bien aménagé ? Si oui, quel est votre machine ou outil indispensable ? Celui dont vous ne pourriez pas du tout vous passer !

 

Cet article comporte 6 commentaires

  1. Pecherat dit :

    Très intéressant! J’ai commencé à investir il y a quelques mois. Pour le moment, je travaille sur un plan en granit dans la cuisine mais on est en train d’aménager une pièce de notre maison en rénovation pour mon futur atelier. J’ai effectivement acheté en premier le moteur suspendu. Mais je trouve que le tour à polir même petit (modèle chinois qui durera ce qu’il durera…) change tout car c’est un plaisir d’avoir un bijou correctement fini et cela dégrossit bien par rapport aux meulettes. Quant au laminoir, c’est la finance qui coince; j’ai pris le moins cher pas très large mais au final cela ne peut qu’être rentable. Je m’exerce pour le moment et tous vos conseils pour sauter le pas vers la vente sont très utiles. Merci

    1. Caroline R. dit :

      Merci pour ton commentaire 🙂 Effectivement, la polisseuse reste quand même ce qu’il y a de mieux pour polir ! Au début, on s’équipe comme on peut, mais à force, quand les sous commencent à rentrer, on peut réajuster le tir 😉

  2. Bonjour Caroline et merci pour tous ces conseils tellement utiles et rassurants quand on veut se lancer en autodidacte en plus ! Je sais que ton article concernant le coin atelier ne date pas d’hier mais pour ma part je commence à peine à m’équiper et compte enfin me lancer dans la création de bijoux…. bon la peur au ventre j’avoue mais motivée ! Bref je me suis achetée une planche en bois (bambou) pour faire mon établi maison et là j’étais en train de regarder les peaux d’établi sur internet et je suis surprise des prix je ne pensais pas que c’était aussi cher….. donc autre que le cuir de vache aurais-tu un autre matériau à me soumettre ? J’ai vu qu’il existe de la toile de coton ignifugée penses tu que cela puisse faire l’affaire ? Merci pour ton retour et ton partage ! Estelle

    1. Caroline R. dit :

      Coucou Estelle,

      Merci pour ton commentaire 🙂 Je suis contente que cet article te soit utile ! Effectivement, ce n’est pas évident de se lancer en autodidacte… Mais la bonne nouvelle est que ce n’est pas impossible 😉

      Oui, les peaux d’établi ne sont pas données… Alors je ne sais pas trop à quoi ressemble la toile de coton ignifugée, mais une alternative pas trop chère pourrait être d’utiliser de la toile de jean tout simplement 😉 Après ce n’est pas l’idéal pour récupérer sa limaille, mais il est toujours possible de mettre une feuille de papier pour que la limaille tombe dessus. Sinon, j’ai une amie qui m’a parlé d’une très bonne solution pour avoir une peau en cuir sans payer le prix fort. Il suffit d’en récupérer un morceau sur un vieux divan en cuir tout simplement 😉 Si tu as accès à une décharge (pas très ragoutant j’en conviens, mais il faut ce qu’il faut ^^ ), tu peux peut-être en trouver 😉

  3. Bonjour Caroline,
    Super article !!!
    Es ce que vous pouvez nous parlez de la posture de bijoutier ? car je fais une recherche pour mon PFE sur la bijouterie.
    A quelle moment la posture sera-t-il dangereuse pour la santé de l’artisan ?
    Et vous préfère une chaise fixe ou avec des roulettes?
    Merci d’avance pour votre réponse.

    1. Caroline R. dit :

      Bonjour Bchir, en effet, la posture est plus qu’importante. En fait, vos pieds doivent reposer à plat au sol, vos jambes à 90° et votre dos doit être droit. Votre cheville devrait se retrouver juste un peu en dessous du niveau de vos épaules. Si ce n’est pas le cas, c’est que votre établi n’est pas bien ajusté pour vous. S’il est trop haut, il est facile de faire couper les pieds par un ébéniste pour le rabaisser. S’il faut le remonter, c’est un peu plus compliqué, mais c’est faisable.
      La hauteur de l’établi, est l’un des critères principaux à vérifier lorsque vous souhaitez en acheter un. En ayant une bonne position, vous pourrez travailler plus longtemps sans vous faire mal au dos et aux épaules.

      Par ailleurs, veillez à prendre des pauses de temps en temps, pour reposer vos bras et marcher un peu. En effet, la répétition des gestes est un autre facteur de risque pour le bijoutier (tendinites). Les pauses sont donc importantes, mais il est aussi bon de varier les mouvements et d’éviter de faire exactement la même chose toute la journée comme du martelage ou du sciage.

      Pour ce qui est de la chaise, je préfère une chaise à roulettes, car c’est beaucoup plus pratique 😉

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